Le développement des contradictions de la civilisation bourgeoise moderne fondée sur l’exploitation du travail salarié par le capital a atteint une telle intensité, les forces techniques et sociales créées par cette civilisation sont devenues à un tel point incontrôlables et puissantes que soit ces forces et ces contradictions amèneront à la destruction de toute cette civilisation tant vantée et feront couler avec elles l’humanité à pic, soit la classe des prolétaires privés de la propriété et du pouvoir des simples travailleurs salariés, renversera dans l’insurrection universelle cette civilisation bourgeoise ouvrant ainsi une étape nouvelle, véritablement humaine de l’histoire de l’humanité. Socialisme ou barbarie, rien d’intermédiaire n’est possible.
Le caractère du 21ème siècle qui commence, siècle du dernier combat dans lequel le prolétariat devra sauver le futur et le passé de l’espèce humaine, est clairement vu au travers des événements essentiels de sa première année. D’une part, le bombardement de New York et les bombardements en Afghanistan, «la guerre contre le terrorisme», proclamée par les principaux terroristes de la planète – les puissances impérialistes, avec d’autre part la révolution (ou pour l’instant la «semi-révolution») en Argentine, et dont le développement ultérieur pourra montrer que si le 20ème siècle a commencé le 9 janvier 1905, le 21ème siècle a commencé quant à lui le 19 décembre 2001.
Plutôt que de décrire en détail les raisons et la marche de l’explosion argentine, il est beaucoup plus intéressant et fécond de tenter d’analyser les tendances de la lutte prolétarienne du 21ème siècle qui se manifestent en son sein.
Avant tout, c’est la première explosion révolutionnaire qui a eu lieu dans un pays doté d’un régime authentiquement démocratique bourgeois, la première insurrection contre une démocratie bourgeoise.
La démocratie bourgeoise n’est pas du tout le pouvoir du «peuple», c’est à dire du conglomérat des capitalistes, de la petite bourgeoisie et des prolétaires, comme pensaient les héroïques et naïfs militants à l’époque des grandes révolutions bourgeoises des 17ème et 18ème siècles. Ce n’est pas non plus le respect «des droits de l’homme» comme l’affirment les prédicateurs modernes du libéralisme, ni même la présence à l’intérieur du système capitaliste de droits et libertés déterminés pour la classe ouvrière, qui peuvent être utilisés dans la lutte pour le socialisme comme le disent les trotskistes. La démocratie bourgeoise est le régime politique de l’intégration du prolétariat au système capitaliste, la soumission de son pouvoir à la bourgeoisie à travers les courroies de transmission de ce pouvoir que sont les syndicats et les partis réformistes.
Toutes les révolutions du passé dans lesquelles le prolétariat a joué un rôle important ou principal, ont éclaté contre des régimes absolutistes, semi-absolutistes ou oligarchiques. Et l’instauration du suffrage universel, le développement des partis ouvriers et des syndicats remplissant autrefois la bourgeoisie d’effroi au lieu de saboter son pouvoir, l’a extraordinairement affermi et consolidé. Tant le suffrage universel que les droits et libertés de toutes sortes, tant les partis réformistes que les syndicats sont devenus le moyen de la préservation du capitalisme et non de son renversement. La démocratie bourgeoise est devenue beaucoup plus souple mais aussi beaucoup plus solide – par l’enchaînement du prolétariat -, que de formes primitives et grossières du pouvoir de la bourgeoisie telles que l’autocratie tsariste ou la monarchie censitaire aristocratico-bancaire en France à la première moitié du 19ème siècle.
Quelle était le schéma typique du début des révolutions au 19ème siècle? La crise économique ou politique poussait le peuple dans la rue et les démonstrations massives commençaient. Ne sachant pas comment en venir à bout, le gouvernement ordonnait aux armées et aux polices de réprimer par balles et à la baïonnette. Les répressions impitoyables étaient parfois couronnées de succès, parfois elles se heurtaient à une opposition violente qui se transformait en insurrection armée. Celle-ci était parfois réprimée, mais parfois elle renversait le vieux gouvernement.
Au 20ème siècle, siècle du fordisme, des partis massifs et des syndicats, il en était tout autrement. Les masses organisées par les partis et les syndicats sortaient pour le meeting ou la démonstration en rangs ordonnés, tranquillement et cérémonieusement, sans violer l’ordre public. Elles y écoutaient les déclarations, les résolutions des dirigeants syndicaux ou de parti, ils votaient unanimement pour celles-ci et ensuite ils rentraient chez eux, ayant confié aux pontes des syndicats et des partis la conclusion d’un marché avec le capital, condamné par la colère. La police et l’armée ne se trouvaient pas loin, l’arme prête à toute éventualité et un sourire placide aux lèvres. Pour la bourgeoisie, un tel moyen de sa dictature était bien meilleur marché et beaucoup moins risqué que la grossière et honnête violence du 19ème siècle.
Le 21ème siècle promet de ressembler plus au 19ème siècle qu’au 20ème. Le début de la révolution argentine s’est avéré être très comparable à la révolution de février 1848 en France ou à la révolution de février 1917 en Russie.
Pourquoi donc? La politique de tous les gouvernements bourgeois du monde ces 20 dernières années n’a laissé de la démocratie classique bourgeoise qu’une enveloppe vide privée de tout contenu réel. Le refus franc de concessions au prolétariat (à la différence du passé où elles étaient modestes), la transformation des partis réformistes et des syndicats en larbins de la bourgeoisie qui ne se cachent pas d’en être, la récession de leur force, de leur nombre et de leur influence sur le prolétariat ont amené à ce que ce dernier a continué à supporter l’appareil bourgeois et à ne pas s’insurger contre lui de plus en plus, ni à cause de la foi en cet appareil, ni à cause des illusions envers la démocratie bourgeoise, mais parce qu’il s’est habitué à la passivité et la peur. Tant que les ouvriers ne luttent pas, ils peuvent voter pour les partis bourgeois et croire les syndicats, mais quand seulement arrive une lutte réelle, les prolétaires la conduisent indépendamment de ces valets de la bourgeoisie.
La décadence et la pauvreté de la démocratie bourgeoise sont évidents dans l’exemple de l’Argentine. La démocratie bourgeoise y est restaurée en 1983, non à la suite d’une insurrection révolutionnaire mais suite à la capitulation de la junte militaire qui a échoué dans une guerre entreprise aventureusement pour les îles Falkland. De 1983 à 1989 c’est la présidence du radical Alfonsin. Au début du 20ème siècle, les radicaux étaient un parti progressiste urbain de la moyenne et petite bourgeoisie tentant de réfréner les barons de l’élevage. Dans les années ‘80, les radicaux laissent entièrement impunis les bourreaux militaires et les tortionnaires, supprimant sous la junte des dizaines de milliers de personnes.
1989 à 1999 sont les années de la présidence du péroniste Menem. Le colonel Péron était le dictateur militaire de l’Argentine de 1946 à 1955. Ayant brisé le mouvement ouvrier de classe (en premier lieu la fédération anarchiste de la FORA), il a réalisé l’intégration des syndicats à l’Etat bourgeois, il a entrepris certaines mesures capitalistes d’Etat et il a donné aux ouvriers contrôlés par les syndicats une série d’avantages et de garanties. Le péronisme a dominé le mouvement ouvrier en Argentine pendant de nombreuses années, le distinguant du nationalisme et de l’anti-américanisme considéré comme de l’anti-impérialisme. Lors de la présidence du patriote et du nationaliste Menem, 90 % du système bancaire argentin et 40 % de l’industrie ont commencé à appartenir au capital étranger et une privatisation massive a eu lieu. 40 % des enfants argentins souffre systématiquement de la faim, 55,2 % du revenu national appartient à 20 % des Argentins les plus riches alors que 20% des plus pauvres n’en détiennent que 3,8% (même en Russie le fossé est plus petit – 47,4 % pour 6,2 %).
En 1999, le candidat de la coalition des radicaux et du FREPASO (détaché des péronistes), De la Rua, devient président. La politique de réduction des salaires et des pensions, la croissance du luxe des riches et la famine des affamés se prolongent.
La déception des gens sortis dans la rue envers les partis de la démocratie bourgeoise n’est pas le fruit du hasard lorsqu’ils expriment le rapport envers ces derniers dans le slogan suivant: «A bas les radicaux et les péronistes! Sans eux tout ira mieux».
Une autre conclusion qu’il faut tirer concerne le rôle contre-révolutionnaire de toutes les interventions du dit «du mouvement ouvrier organisé», qui non seulement ne tendaient pas à élargir, approfondir et amener l’insurrection à la victoire mais aussi qui au lieu d’y participer tentaient au contraire de le retenir par tous les moyens et de le neutraliser. Personne n’attendait d’ailleurs rien d’autre des différentes ailes de la Confédération Générale du Travail (CGT), contrôlée par les péronistes. Mojano, leader de son aile «plus radicale» et chef du syndicat des travailleurs du transport a dit le 26 décembre à l’éphémère Saa: «Monsieur le président, le mouvement ouvrier est à votre service». Que ce soit l’opposition du Centre des travailleurs argentins (CTA), ou le dénommé Mouvement de classe en lutte (le CCC), que ce soit encore l’Assemblée des piquets de grève (une des formes de lutte de classe souvent utilisée en Argentine ces dernières années est le blocage des routes. Ses participants s’organisent également dans l’Assemblée des piquets de grève), ou même «les Mères de la place de Mai» (organisation des mères de ceux qui ont été assassinés ou ont disparu, qui revendique le châtiment des bourreaux et des tortionnaires), tous ont conduit des négociations avec Saa.
Cela prouve qu’à l’époque actuelle toutes les organisations ouvrières un tant soit peu massives sont solidement et sûrement intégrées au système bourgeois et c’est pour cela qu’elles cessent d’être ouvrières. Les seules formes d’organisation prolétarienne de classe sont aujourd’hui d’une part, les assemblées générales ouvrières présentes au moment de l’explosion de la lutte des classes, les comités de grève et les soviets (conseils) exécutant leur volonté, et d’autre part le parti révolutionnaire prolétarien.
Le trait caractéristique des événements argentins est le suivant: ils se passent dans la rue et non dans l’usine. Par cela ils se distinguent par exemple de l’insurrection ouvrière dans la ville argentine de Cordoba. La raison d’une telle différence est le presque plein emploi il y a 30 ans et un chômage massif aujourd’hui. Au lieu de s’emparer des usines, les insurgés ont pris les supermarchés (que les hypocrites bourgeois s’indignent des pillages! Les prolétaires et semi-prolétaires argentins, comme les sans-culottes de la Grande Révolution Française ont placé le droit à la vie plus haut que le droit à la propriété), les actions industrielles, la lutte dans les usines, quand elles ont eu lieu, ont cédé à l’importance de la rue.
Personne ne niera la nécessité et l’importance de la mainmise sur les usines, le combat direct avec les contremaîtres, les directeurs et les capitalistes. Mais puisque tout cela n’a pas encore (ou insuffisamment) pris place dans la révolution (encore semi-révolution) se développant en Argentine, il serait inutile de nier son caractère prolétarien.
La révolution prolétarienne ne signifie pas la mainmise, le pouvoir des ouvriers sur les usines (c’est aussi cela, mais c’est seulement une partie soumise à l’ensemble de la question), mais la mainmise par le prolétariat sur le pouvoir dans toute la société, ce n’est pas l’autogestion ouvrière dans le cadre du capitalisme, mais la destruction du capitalisme. Le communisme n’est pas l’autogestion des unités de production, mais la destruction des unités de production autonomes, comme cellule d’une société qui devient un seul collectif. L’organisation sur le principe de la production limitée à une entreprise donnée, qui ne s’étend pas à la société entière, n’unit pas le prolétariat comme classe, mais le sépare en une multitude de catégories concurrentielles.
Du 18ème jusqu’au début du 20ème siècle, à l’époque des vieilles révolutions, qui se déroulaient dans des sociétés aux traditions communales encore non détruites, le regroupement des prolétaires et des semi-prolétaires ne se faisait pas par entreprises, mais par quartiers et régions (en Russie, en 1905 et 1917, les régions et les entreprises coïncidaient dans une large mesure), les habitants se connaissaient bien et étaient capables d’agir ensemble, indépendamment du fait que l’un était tanneur, l’autre charpentier ou encore tonnelier (voir toutes les révolutions françaises de 1789 à 1871). Certains signes montrent que les vestiges de telles traditions communales ont été préservées dans l’Argentine moderne et qu’en présence d’autres conditions nécessaires ils faciliteront la victoire de la révolution. Enfin, il faut se rappeler que la révolution russe a commencé par des émeutes de la faim en février 1917 à Petrograd et que tout au long de cette année les mouvements de grèves n’ont joué qu’un rôle soumis.
Ce qui a eu lieu jusqu’ici en Argentine est similaire à la révolution de février. Le prolétariat agit pour l’instant seulement comme une partie de la masse déshéritée par le pouvoir du capital, masse dont fait partie aussi la petite bourgeoisie, et le lumpenprolétariat. Ceux qui ont attaqué les supermarchés, se sont battus avec la police, ont renversé les présidents De la Rua et Saa, n’étaient pas mus par la conscience de classe, mais bien par la misère toujours plus grande et le besoin, par le dégoût et la lassitude de courber le dos, par «une haine noire, une haine sacrée» contre l’appareil bourgeois. Ils sont entrés en lutte pleins d’illusions, de préjugés et pleins d’autres défauts auxquels cet appareil les a formé, mais en même temps aussi porteurs du refus d’être esclaves, pénétrés d’une grande haine contre le système capitaliste maudit. Il serait absurde d’espérer que la révolution aura dès le début, stérilement, un caractère proprement prolétarien, il serait indigne des révolutionnaires de se détourner avec un mépris hautain des gars qui se battent contre la police et qui portent des drapeaux nationaux. Comme l’écrivait le Parti Communiste International en 1956 au sujet de l’insurrection hongroise, une chose est de prendre part aux élections avec des illusions démocratiques et une autre est de mourir avec celles-ci sur les barricades.
Mais il est encore plus indigne pour les révolutionnaires de s’adapter, de se conformer à de telles illusions, et par-dessus tout de les partager sincèrement.
La question de savoir si «la semi-révolution» argentine deviendra une véritable révolution, si le Février argentin va se termine par un Octobre 1917 ou un juin 1848, dépend d’un facteur subjectif. Il ne suffit pas de l’initiative spontanée des masses. Sans un regroupement uni des militants prolétariens les plus courageux, actifs et perspicaces, capables de voir comme leurs camarades du passé les objectifs communs de la lutte et les dangers qui la guettent, capables aussi de tendre énergiquement et sans fléchir vers ces buts, en entraînant derrière eux toute la classe, sans un tel regroupement la victoire du prolétariat est impossible. L’histoire a montré cela de nombreuses fois ces dernières années, en Albanie, en Indonésie et en Equateur. Dans tous ces cas, les explosions spontanées d’une lutte massive sans parti révolutionnaire ont été canalisées, divisées, mises sous contrôle par la bourgeoisie. Sans parti révolutionnaire, sans ligne politique révolutionnaire, il en arrivera de même à la révolution argentine.
A la différence de l’Albanie ou de l’Indonésie, il y a en Argentine des organisations qui se proclament marxistes, internationalistes, révolutionnaires. Ce sont les organisations trotskistes. Mais dans tous les cas, la politique de la majorité d’entre elles inspire les craintes les plus sérieuses pour le futur de la révolution argentine, et confirme encore une fois, que le trotskisme dans l’immense majorité des cas a cessé d’être un courant révolutionnaire et est devenu une variante de gauche du stalinisme.
Les plus grandes organisations trotskistes d’Argentine sont le Mouvement pour le Socialisme (MPS), le Mouvement Socialiste des Travailleurs (MST), le Parti Ouvrier (PO), le Parti des Travailleurs pour le Socialisme (PTS). En tout cas, les trois derniers avancent à titre de slogan central L’Assemblée Constituante!!! «libre et souveraine» et «nationale»… Si Lénine ressuscité avait entendu cela, il serait mort à nouveau sur le champ!
Les importants slogans politiques de principe, fondamentaux, ne se créent pas sur base de combinaisons subtiles et d’adaptations, mais sur base de l’estimation scientifique et politique de toute une situation historique. Le slogan de la Constituante est un slogan radical, conséquent jusqu’à ce que soit accomplie la révolution bourgeoise. Quelles considérations subtiles de les avancer à une époque où les tâches de la révolution bourgeoise sont révolues depuis belle lurette, quand se dessine la révolution socialiste, ou même aucune révolution, cela signifie ne pas éclairer mais obscurcir la conscience des prolétaires, ne pas libérer le mouvement prolétarien de classe de l’influence du marais «national» et démocratique, mais le noyer dans ce marais. La Constituante «libre et souveraine»! Chez qui avez-vous étudié, citoyens trotskistes? Chez Lénine et Trotski ou chez les mencheviks et les SR de droite?! Le leader du parti Ouvrier, Jorge Altamira, appelle au regroupement «de la petite bourgeoisie avec les travailleurs dans une lutte globale contre le grand capital» (Prensa obrera, N°734). Si ceci est la politique de Lénine et Trotski, alors qu’est-ce que la politique des fronts nationaux?
Dans différents quartiers et régions d’Argentine apparaissent aujourd’hui «des assemblées nationales» – des organismes de démocratie directe du type soviets. Malgré une dénomination imparfaite («nationales»!), – qui d’ailleurs s’intéresse à l’origine historique des mots «Commune» ou «Conseil»? – ils peuvent devenir d’abord des organismes de la dualité du pouvoir, mais ensuite, après la victoire de l’insurrection prolétarienne, des organismes du nouveau pouvoir. Travailler dans ceux-ci contribue au développement de la dualité du pouvoir, contribue à la distinction du prolétariat de la globalité de la masse opprimée, au développement de sa résolution et de sa conscience, cela contribue à élargir et à radicaliser la lutte prolétarienne et à unifier toutes ses manifestations dans un flot global dirigé en vue du renversement du pouvoir du capital, à se préparer aux combats résolus pour la dictature du prolétariat, à placer la dictature du prolétariat au centre de toute agitation et propagande, coordonner celle-ci avec toutes les demandes partielles, expliquer avec doigté aux ouvriers qu’en dehors de la mainmise du pouvoir par ces derniers, en dehors de la dictature du prolétariat il n’y a et n’y aura jamais de sauvetage, qu’il ne faut pas croire une seule minute ni à l’indulgence de «la communauté internationale», ces bandits impérialistes, ni à la neutralité de l’armée et de la police, qu’il faut savoir répondre à la force par la force, établir les liaisons internationales, se préparer à la guerre civile mondiale dans laquelle l’Argentine Soviétique pourrait avoir le rôle honorable de premier bastion prolétarien. Telles sont les tâches des révolutionnaires prolétariens d’Argentine.
